Danger sign

Article écrit par Isabelle André – Oasys Paris – Outplacement – Coaching Coach de DRH et professionnels des Ressources Humaines.

La question peut sembler abrupte, mais elle relève d’un constat que je fais souvent dans ma pratique professionnelle, où je reçois régulièrement des professionnels des ressources humaines qui entament nos échanges par « J’ai quitté mon poste après un burn-out … ».

J’en suis venue à me poser tout simplement la question : les DRH sont-ils, plus que d’autres fonctions, menacés par l’épuisement professionnel ?

Plusieurs éléments soutiennent cette thèse :

Les DRH sont pris dans des injonctions paradoxales

Petit mémo : Une injection paradoxale, ou double contrainte désigne l’ensemble de deux injonctions qui s’opposent mutuellement : l’obligation de chacune contenant une interdiction de l’autre, ce qui rend la situation a priori insoluble et qui empêche l’individu de s’en sortir. En termes de logique, elle exprime l’impossibilité que peut engendrer une situation où le paradoxe est imposé et maintenu. Est-ce grave ? Disons que cette notion est proposée la 1ère fois en 1956, dans le contexte de la présentation d’une théorie des causes de la schizophrénie !

En pratique, cela signifie que le DRH, pris entre les directives de l’entreprise, qui demande de la performance – ou parfois des licenciements et la nature de sa fonction qui est la qualité de vie au travail et la motivation  des salariés, se retrouve dans des arbitrages cornéliens, où ses propres valeurs sont souvent mises à mal. Surtout si la direction exprime ses souhaits sans lui donner une vision globale des enjeux et sans le faire participer aux décisions. Il y a alors le risque de faire des choses contraire à ses valeurs, sans en avoir le sens. Sur le long terme, cette posture est épuisante.

Les DRH gèrent une multitude de projets différents

Former les managers, apaiser le dialogue social, travailler sur la marque employeur, écouter les doléances des uns et des autres, parer aux urgences et penser à long  terme, assurer la paie et mettre en œuvre un programme de prévention des risques psycho-sociaux… etc.

Où donner de la tête dans cet océan de projets plus intéressants les uns que les autres ?

Le DRH ne sait pas, lui qui est souvent un profil perfectionniste / dévoué qui met un point d’honneur à tout gérer en gardant le sourire. Cette situation n’est pas en soi problématique, jusqu’au jour où un grain de sable vient enrayer la machine implacable. Car vous ajoutez un peu de stress à tout ça et la mission devient impossible. Sous les feux de la rampe, le DRH doit garder la zen attitude, telle l’hôtesse de l’air dans les turbulences, pour ne pas inquiéter l’organisation, qui elle, doit garder le moral. Difficile à tenir sans craquer… La beauté du métier c’est bien sûr d’avoir des sujets forts. Encore faut-il poser des barrières et mettre des limites.

Les fonctions RH comptent beaucoup d’empathiques

Bien sûr, lorsque l’on est dans les ressources humaines, ce n’est pas un hasard. Accompagner les personnes, les soutenir, les comprendre, apporter de la confiance organisationnelle et un peu d’humanité dans le CODIR, c’est vraiment votre vocation. Vous n’êtes résolument pas des « requins » et souvent des dauphins… c’est merveilleux, mais vivre de sa passion est très impliquant et potentiellement dangereux si l’on est trop centré sur les autres  et pas assez sur soi. C’est souvent le cas chez les DRH, qui écoutent  beaucoup et sont  les fonctions désignées dans l’organisation pour cocooner les autres. Il faut avoir soi-même le moral et des pratiques de ressourcement qu’ils ne s’autorisent pas souvent : eh, oui, les DRH sont les derniers à se faire aider (coaching et formation, c’est pour les autres).

Ils gèrent des crises

Les DRH sont souvent sollicités quand il faut gérer des crises internes. Garants du climat social, ils se doivent de réguler les informations, de maintenir la sérénité et le confort de travail, même quand le bateau traverse une tempête. L’exemple récent des attentats illustre bien cette position difficile. Beaucoup de DRH en Ile de France ont eu à recenser les salariés présents, s’inquiéter de ceux qui étaient absents, à faire face aux angoisses des collaborateurs avec des questions épineuses : comment on communique ? Que disons-nous ? … et pour certains, hélas, la tâche a été encore plus pénible, lorsque des salariés avaient été touchés par les évènements.

Là encore, les fonctions RH sont au premier plan pour accompagner, écouter et conseiller. Mais le soir à la maison, la fatigue est là.

Alors, épuisant tout ça ? En tout cas, plus que d’autres fonctions, le DRH est au cœur de la complexité des organisations.  Et se doit, par conséquent, de garder une bonne hygiène de vie et d’avoir des bases solides à l’extérieur.

Des solutions existent…

En rappel, plus de 3 millions de personnes sont touchées…que faire ? : Le traitement du burnout (comme la prévention) vise à éliminer, ou du moins réduire, le stress chronique. Cela passe tout d’abord par un arrêt de travail et une mise au repos plus au moins longue selon les cas. Mais cela ne suffit pas. Il est important de suivre des sessions avec un spécialiste afin de prendre conscience des sources de stress et de pouvoir les traiter.

Contactez-nous,
Muriel Brex.

 

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