Article proposé par le service carrière d’ESSEC Alumni et paru dans le n°113 de Reflets ESSEC Magazine.

Règle n° 1 : Faites du participatif

Cette règle est le principe élémentaire de toute conduite du changement. Participer à un projet en favorise l’appropriation. Prenons deux exemples. Vous devez réaliser un diagnostic pour identifier les changements à engager ? Demandez à vos équipes de contribuer à sa réalisation. Elles adhéreront beaucoup plus rapidement à ses conclusions que si vous l’aviez mené sans eux. Vous devez maintenant passer au plan d’action ? Les solutions qu’elles mettront en œuvre auront d’autant plus de chances d’être traduites dans les faits que vos équipes, censées les appliquer, auront participé à leur élaboration.

Règle n° 2 : Soyez directif

Attendez un instant… Nous venons de vous préconiser d’être participatif ! Ce n’est en rien contradictoire. Pour n’avoir pas respecté la règle n° 2, un nombre considérable de managers se sont embourbés dans des démarches participatives n’en finissant pas, produisant des résultats décevants, laissant aux équipes un goût d’inachevé.

La raison est que le participatif fonctionne s’il s’inscrit dans un cadre défini, avec des règles précises et communiquées à l’avance. Avant de leur demander quelque participation que ce soit, vous devez donner à vos équipes un cahier des charges : pourquoi leur demandez-vous leur avis, quelles sont leurs consignes de travail, de quelle manière les résultats de leur participation seront exploités, quand et comment leur sera-t-il fait un retour sur leurs travaux ? Et cela nous mène à la règle n° 3.

Règle n° 3 : Du feedback, encore du feedback

Vos équipes ont besoin de feedbacks réguliers de votre part sur les résultats de leur participation. Par exemple, quelles propositions ont été retenues ? Avec quels résultats ? N’oubliez jamais que votre positionnement dans l’entreprise vous offre un poste d’observation et un recul que vos équipes n’ont pas forcément. Alimentez-les régulièrement sur les résultats globaux de leurs efforts, dont elles n’ont à leur niveau qu’une vision parcellaire. C’est un signe de reconnaissance et d’encouragement, et votre leadership en sortira renforcé.

Règle n° 4 : Mouillez vos propres managers

Vous mobiliserez d’autant plus facilement vos équipes que votre hiérarchie affichera de façon visible son soutien au projet à vos côtés. Sollicitez-la, sans attendre qu’elle vienne spontanément à vous. Un ancien président célèbre aurait dit : ne vous demandez pas ce que vos chefs peuvent faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour vos chefs ! Alors, mobilisez vos patrons ! Par exemple, demandez à votre N+1 ou à un « sponsor » clé du projet d’introduire votre prochaine réunion consacrée au sujet, ou de promouvoir les changements attendus par une interview dans votre prochaine « newsletter ».

Règle n° 5 : Ne prévoyez pas tout

Vous avez appliqué les règles précédentes ? Le changement est sur la bonne voie. Mais sachez qu’aussi bien conçu soit-il, il ne se passera jamais comme prévu sur le papier. N’annoncez jamais de « grand soir » du changement. Votre crédibilité en sera écornée. En revanche, assumez l’incertitude et prévoyez par avance un dispositif destiné à traiter tous les imprévus qui surviendront pendant la mise en œuvre. Vos équipes, qui savent que de nombreux problèmes ne peuvent être identifiés et résolus que lorsqu’on met concrètement les choses en place, n’en seront que plus confiantes. Mieux, leur envie de se lancer et de donner le meilleur d’elles-mêmes sera démultipliée !

Règle n° 6 : Soyez irréprochable dans la logistique

Conduire un changement présente suffisamment d’embûches pour que vos équipes ne subissent pas un stress supplémentaire et inutile, conséquence d’approximations logistiques. Prévoyez les réunions suffisamment à l’avance, ne programmez les formations ni trop tôt ni trop tard. Ah oui…, pensez à réserver la salle du prochain groupe de travail !

Il ne s’agit pas de détails. Beaucoup de managers dotés d’une remarquable vision du changement perdent un capital de confiance considérable auprès de leurs équipes par négligence de cette règle d’or n° 6.

Règle n° 7 : Faites simple

Le monde de la conduite du changement souffre d’une boulimie d’outils théoriques et de méthodes compliquées. Faites le test : tapez « conduite du changement » sur un moteur de recherche, demandez le résultat en mode « images », et observez le résultat… Libérez votre esprit des matrices, flèches et courbes en tout genre qui vous sont proposées. Relisez les règles 1 à 6, concentrez votre énergie à les appliquer avec sérieux… Vous aurez fait un grand pas vers le succès.

 

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