(Michèle Leroy, codirigeante d’ID’Quation, et Aurélie Wachowiak, chargée de développement).

« Certaines entreprises le résument à des aménagements matériels (salle de repos sympa, café à discrétion, cours de yoga…) et à côté de ça, mettent la pression. Ce n’est pas ça, le bien-être au travail. C’est un tout, qui repose sur trois piliers :

Pour commencer, une organisation facilitante, qui réduit les process très lourds, les rapports à n’en plus finir. Il faut réduire aussi l’écart parfois très grand entre le travail prescrit – ce qui est imaginé, perçu – et le travail réel – le temps qu’une tache demande vraiment, par exemple.

Ensuite, la fin du management tout-puissant. Le vrai chef d’entreprise développe le potentiel de ses salariés, leur donne le droit à l’erreur en leur permettant d’essayer.

Enfin, il faut se donner les moyens. Attention, pas forcément matériel : si on veut des salariés qui se sentent bien, il faut commencer par prendre le temps de travailler sur l’organisation. Prendre en compte les compétences. « Donner du sens aux métiers. » »

N’importe quelle entreprise, quel que soit son secteur ou sa taille, peut s’y mettre ?

« Oui. Cela peut paraître très compliqué, alors que c’est une question toute simple. Le bon sens de base s’est perdu, avec le développement de démarches très procédurières. On pensait que l’informatique allait remplacer les relations humaines. Que cela allait créer des richesses. Mais l’être humain a besoin de comprendre ce qu’on attend de lui, qu’on prenne en compte son travail et qu’on sache reconnaître quand il réussit. Certains dirigeants commencent à réaliser qu’il faut être au service des collaborateurs, car ce sont eux qui créent la richesse et donc la réussite de l’entreprise. Concrètement, on commence par dire bonjour tous les jours. Et on n’exige pas ce qu’on n’est pas capable de faire soi-même : comment parler de respect de la vie privée si on envoie des mails le week-end ou tard le soir, ou qu’on programme des réunions après 19 h 30 ? »

 

Que pensez-vous du « Chief Happiness Officer » (CHO), parfois littéralement traduit par Madame/Monsieur Bonheur et a priori facilitateur de vie dans l’entreprise ?

« Il y a quelque temps, on a créé les postes de responsable qualité, puis de responsable prévention sécurité On oublie vite les erreurs du passé ! Comment faire reposer sur les épaules d’une seule personne ce qui est l’affaire de tous ? Le CHO va se récupérer tous les trucs qui coincent en terme de ressources humaines ou de communication, et dont les services ne veulent pas s’occuper. C’est une hérésie, un emplâtre sur une jambe de bois. »

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