Pôle emploi présente les nouvelles tendances du recrutement dans son infographie et se concentre sur les nouvelles attentes des recruteurs. Quelles sont les compétences de demain ? Faut-il dire adieu à l’expertise métier et accueillir les compétences comportementales comme le nouveau critère du recrutement ?

Pour une majorité d’employeurs, les diplômes n’ont plus autant d’importance aujourd’hui !

  • 59 % des interrogés considèrent que le diplôme n’est pas un critère essentiel.
    Parmi eux, on retrouve généralement des employeurs des secteurs du transport, de l’hôtellerie ou du commerce. Ils recherchent des qualités comportementales ou des compétences techniques sans prêter trop d’attention au diplôme (ceci concerne plutôt les secteurs de la construction de l’industrie ou de la réparation automobile).
  • 25 % d’entre eux voient le diplôme comme un élément important, mais plusieurs profils sont possibles.
    Ici, les recruteurs concernés viennent des secteurs de la finance ou d’activités scientifiques et techniques.
  • 16 % des répondants pensent que le diplôme et la spécificité de la formation sont déterminants.
    Ces employeurs qui considèrent le diplôme comme un élément important sont principalement du secteur de l’enseignement, de l’action sociale et de la santé.

60 % des employeurs considèrent que les compétences comportementales sont plus importantes que les compétences techniques.

Quelles entreprises favorisent les soft skills et ne prêtent pas trop d’attention au diplôme des candidats ?

Les PME sont les organisations les plus attentives aux compétences socio-émotionnelles et comportementales des candidats. 63 % des établissements de moins de 5 salariés prêtent peu d’attention au diplôme, 49 % pour les entreprises de 20 à 49 salariés, et près de 40 % pour les entreprises de plus de 100 salariés.

Cette différence s’explique assez simplement, une entreprise avec peu d’actifs va beaucoup plus puiser sur la polyvalence et les qualités des candidats afin de tirer profit au maximum des profils et talents, tandis qu’un grand établissement portera moins attention aux compétences comportementales des candidats.

Mais de quelles compétences parlons-nous ?

Quelles sont les principales compétences comportementales qui attirent l’attention des employeurs ?

Il existe un grand nombre de compétences comportementales, c’est d’ailleurs la raison qui nous amène à leur donner différentes appellations : compétences socio-émotionnelles, comportementales, cognitives, personnelles, humaines, etc.

Les employeurs sont majoritairement attirés par ces 3 compétences particulières :

  • La capacité à s’organiser et à prioriser les tâches (98 %) ;
  • La capacité d’adaptation (94 %) ;
  • L’autonomie (93 %).

S’en suit une longue liste de soft skills. Quand on sait qu’1 actif sur 3 est susceptible de changer complètement de métier d’ici les 10 prochaines années, et que 50% des métiers de demain n’existent pas, ces compétences semblent être les plus aptes à les accompagner dans l’évolution de l’emploi comme le souligne le rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi :

  • Sens des responsabilités / fiabilité (93 %) ;
  • Travail en équipe (90 %) ;
  • Connaissance et respect des règles (84 %) ;
  • Capacité à actualiser ses connaissances (83 %) ;
  • Sens de la relation client (72 %) ;
  • Capacité d’initiative / créativité (69 %) ;
  • Capacité à travailler sous pression et à gérer le stress (62 %).

Ces compétences comportementales sont utilisables dans de nombreux domaines sans se soucier du diplôme, mais on remarque qu’elles vont de paire avec des secteurs bien précis :

  • La capacité à s’organiser et à prioriser les tâches ► gestion-administration, commerce ;
  • Autonomie ► agriculture, bâtiment, services à la personne ;
  • Sens des responsabilités/fiabilité ► industrie, transport, services à la personne ;
  • Travail en équipe ► agriculture, santé, informatique ;
  • Connaissance et respect des règles ► industrie, transport, santé ;
  • Capacité à actualiser ses connaissances ► gestion-administration, informatique, finance, santé ;
  • Sens de la relation client ► transport, gestion-administration, hôtellerie-restauration, services à la personne ;
  • Capacité d’initiative/créativité ► commerce, informatique, artisanat, ingénierie ;
  • Capacité à travailler sous pression et à gérer le stress ► cadres et commerciaux, hôtellerie-restauration.

Dans un CV, les compétences comportementales sont analysées principalement par 57 % des recruteurs. On ressent une inversion des tendances en matière de recrutement, l’expertise métier n’est plus aussi importante aujourd’hui pour les employeurs. Ils cherchent avant tout un profil de qualité qui sera formé au métier en interne. Ses compétences personnelles lui permettront d’évoluer au sein de l’entreprise, car il saura faire preuve d’adaptation et d’esprit d’équipe, ce qui n’est pas forcément le cas pour un recrutement basé uniquement sur des compétences diplômantes.

Les diplômes ne font plus l’unanimité chez les recruteurs. Avec l’évolution des métiers et les innovations technologiques, de nombreux métiers d’aujourd’hui sont voués à disparaître. Les nouveaux talents doivent donc miser sur le développement des compétences comportementales qui les aideront tout au long de leur parcours professionnel, sans un risque d’obsolescence.

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